Chicago : à 36 secondes près

Chicago est un marathon urbain, très roulant, malgré quelques montées (ponts et bretelles d'échangeurs) et le vent très présent sur le final au bord du lac.

Chicago est un marathon urbain, très roulant, malgré quelques montées (ponts et bretelles d’échangeurs) et le vent très présent sur le final au bord du lac.


En 2006, pour fêter la naissance de son premier enfant, Eric, un de nos contributeurs s’était attaqué à la barrière des 3 heures au marathon de Windy City. Entre course référence et déception énorme, il racontait alors sa course. Morceaux choisis à la veille de la… 36e édition.

Mardi matin… Tout se bouscule un peu dans ma tronche cassée par le jetlag. Je vais donc tout cracher en vrac (comme ma banane à l’arrivée et vous ferez le tri, ok ?). Quel séjour, franchement… Quels bons moments ! Alors je commence par remercier nos petites femmes, qui nous ont porté plus loin et plus haut. Je garderai gravé le passage entre le 20 et 21 miles, où sous un pont, dans une petite côte (de merde), j’aperçois les trois hurlant comme des loutres, sautant et clochetant comme des dingues. A ce moment-là, 32eme kilo ou pas… tu voles !

Le soutien du public
Que du bonheur. Public de folie que j’ai eu la bonne idée de solliciter en mettant le maillot de l’équipe de France avec mon prénom dessus : « Come on Eric, you’re doing a goog job, you’re looking great… Allez les blues ! » Tu peux pas ne pas te défoncer. Sensations extras pendant 38 kilos. Jambes dans le tempo tout le temps, cœur super régulier (86% pour la totalité de la course). Jamais dans le rouge avant les 4 derniers kilos. Ce plan sur 8 semaines, c’est de la balle !

Finish face au vent
Deuxième flash, l’arrivée, les quatre derniers kilos. Je suis encore Sub3 pour quelques secondes. J’y crois à fond. Virage à gauche, puis à droite (si je me souviens bien). Et là, la claque dans ma petite gueule de prétentieux. Chicago ne se laissera pas faire. Elle ne sera pas ma compagne cette fois ci. Rafales, relances, raidillons en série. Je pleure en courant, je tire sur ce qui me reste de bras, je lance mes jambes vers l’avant. A la sensation, je suis en 3mn30 tellement je m’arrache. En réalité, je zigzague à 4’25, vent de face, posé comme une merde. Horrible. Je vois plus rien, je capte que dalle aux panneaux (25eme mile/ 1 mile to go/41eme kilo/800m/400m) je mate le cardio comme si c’était lui qui courait… j’entends pas nos nanas me hurler dans les oreilles dans la dernière côte. Dernier virage à gauche, chrono à 3h00 pile, il reste une ligne droite. 35 secondes. Rien. Trop.

Le record mais pas le sub3
Juste après, le trou noir. La gerbe. Banane/caféine je crois. Les secours qui m’assoient dans une chaise roulante pour m’emmener dans la tente médicale. No way pour moi. Je me relève, je gerbe encore deux fois (« don’t worry i’m use to ») je titube et je plante ma bénévole de la croix rouge locale pour aller chercher ma médaille sur mes deux jambes. Un mexicain du top 100 qui finit (blessé) avec moi, me prend par les épaules, me console, m’engueule presque : « you did a magnificient work.. You’re a hero, enjoy it ». Il a pas tort. Je viens d’abaisser mon record de 6’26 en six mois, sur une course. Mais c’est pas ce que je venais chercher. Voilà, c’est tout ce qui me vient à l’esprit à ce moment-là.

Soirée post-race comme j’aime : retour à la vraie vie, Blanc, bière, Irish coffee, barbaque à gogo. Lundi, on est monté en haut de la Sears Tower, vue imprenable sur tout le marathon… C’est une putain de balade !

Les chiffres contredisent les sensations
Le surlendemain, J’ai passé au crible, à tête reposée, mes temps de passage et mes bips/miles du cardio. Amusant et très instructif pour moi de voir comme la réalité des chiffres contredit presque mes sensations. Je “perds” ce marathon, non pas sur le finish comme je le pensais, mais bien entre le 30ème et le 40ème et plus précisément selon mes temps aux 22è, 24è et 25è miles (respectivement 7′06/7′04/7′07). Je suis sous trois heures jusqu’au 22ème. Plus jamais après. Et au final je ne craque absolument pas dans le finish (du 40e à l’arrivée) même si c’est super dur physiquement.

La déconcentration plus que le mur
Je confirme donc à 100% la théorie de l’endormissement, de l’engourdissement, de la relâche intrinsèque… Travail mental à envisager, puisque semble-t-il je me déconcentre juste après avoir vu les filles…Tu te crois ultra concentré et tu lâches 10 secondes par ci par là sans faire gaffe. Certes y’avait du vent, mais je me relache avant. Marathoniens, ne gambergez pas avant la course, mais restez dans vos courses le jour J. Ne déconnez pas, ne semez rien qui ne repousse (vos limites).

Stratégie de course à affiner
Deuxième point ma tactique… Je l’assume, avec pour explication que moi aussi sur cette course j’étais « puceau » : Je ne savais ce que c’était de courir sans prendre le mur (ou au moins le muret), avec de bonnes jambes du début à la fin. Mon erreur ? Croire que je valais tout juste 3h et rien d’autre, c’est à dire 4′16 du kilo. Je sais maintenant que je pouvais sans trop de risque partir à 4′10/4′12 grâce au plan et donc m’assurer un petit tapis de secondes. J’ai été trop raisonnable, peureux à ma façon, je le reconnais. Quand on dit que c’est dans la tronche les 3h…

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