A. de Wilde « Un marathon, c’est gravé à vie ! »

Antoine et son coach, son ami, son confident, Philippe Remond à l'arrivée du Marathon du Médoc en 2012.

Antoine et son coach, son ami, son confident, Philippe Remond à l’arrivée du Marathon du Médoc en 2012.

Antoine de Wilde vient de remporter le 30 kms de l’Eco-trail de Paris. A 27 ans, ce coureur coaché par Philippe Remond (2h11 sur marathon), parle de plaisir et de sensations plutôt que de travail et de contrainte. Le meilleur des messages pour tous les coureurs, à deux semaines du 37e marathon de Paris.

On commence par un petit profil coureur… Votre VMA ?
-Elle doit tourner autour de 24, 25 je pense…
Votre FCM ?
– Alors, là, je n’en ai aucune idée…
Votre IMC ?
-Pareil, aucune idée.
Vous courez au feeling ?
Je suis plus un coureur à sensations qu’un coureur « théorique ».
Vos records ?
29’34 sur 10 kilomètres et 14’15 sur 5000. Sur semi, y’a deux ou trois ans, à Paris, j’ai fait 1h07. J’espère améliorer cette marque dès cette année (ndr : Antoine vise 1h05 au semi de Nice le 21 avril)
Sur mon seul marathon, j’ai fait 2h39 au Médoc. Etant donné la difficulté du parcours, sur une
épreuve plus populaire que « qualitative », difficile de m’étalonner sur un chrono référence.
En ce moment quelle quantité d’entrainement ?
Pas énormément. 100, 120 kms par semaine en moyenne. On est quand même loin du kilométrage d’une prépa marathon, où on peut tourner autour de 160 voire 180 kms sur les périodes clés.

Vous vous définissez comme un coureur épicurien… Ça signifie quoi ?

J’apprécie les bonnes choses. Je ne suis pas un athlète « sectaire ». J’essaye de bien me préparer, mais j’aime aussi profiter. Découvrir  de nouveaux spots pour courir, profiter de mes destinations de voyage. Le choix du marathon du Médoc résume parfaitement ça : j’ai pris plaisir à courir parmi tous les runners « populaires », profiter du patrimoine, des châteaux, du vignoble. J’ai envie de profiter de la vie : gastronomie, spiritueux. Les bonnes choses, quoi !

Le marathon est une « exception » sportive : monsieur tout le monde côtoie au départ des athlètes de haut niveau. Comment vous le vivez ?
Ça apporte aux deux parties.  Gamin, j’étais de l’autre côté : les athlètes étaient des champions. Philippe (ndr : Remond, le coach d’Antoine) c’est le plus bel exemple qui me vienne à l’esprit. Quand je courais les foulées de Nevers étant jeune, Philippe les remportait (9 fois au total). C’était un grand champion, une belle personne qui restait très accessible. Ce relationnel des coureurs de tous niveaux avec les champions, ça m’aidé, conseillé, poussé à continuer.
La force du marathon c’est ce mélange le jour J. Peu importe les nationalités, les catégories socio-professionnelles. Les chômeurs, les cadres, ces personnes qui ont un « costume de vie » complètement différents le reste du temps. Le jour du marathon, ils sont tous réunis, sur un pied d’égalité.

Ils seront 40000 à Paris le 7 avril, entre peur et motivation… Ce serait quoi votre message ?
Profitez. J’ai eu la chance, je dis bien la chance, de faire un marathon. J’ai pris conscience que j’allais m’en souvenir. Je m’en étais un peu fait une montagne. Le premier, fallait en être digne. Ne pas lâcher. Que tout se passe bien, pour ne pas le porter en fardeau trop longtemps. Je me suis accroché, j’ai pris du plaisir malgré la douleur. La préparation est tellement dure, que le jour J, il faut lâcher les vannes.  Et se faire plaisir.
Profiter des quelques minutes avant la course, sur la ligne de départ. De cette bonne pression qui monte. Le plaisir avant tout… Ce n’est pas comme un 10 ou un semi, c’est un moment qui reste gravé dans un coin de la tête pendant une bonne partie de la vie. Quelque chose d’unique !

Comment se passe la relation entraineur – athlète avec Philippe Remond ?
On a dépassé cette relation.  Philippe c’est mon père spirituel, mon confident, mon ami. Il est primordial dans mon quotidien. Je suis fils de divorcés… Je n’ai pas souffert de ce « fait familial », mais d’avoir été éloigné de mon père, d’être fils unique à Nevers où il n’y a pas beaucoup d’athlètes pour se tirer la bourre… C’est Philippe qui a comblé ces absences. Je me suis identifié à lui. Et lui a eu un flash-back sur sa carrière avec moi. Je souhaite ce type de contact à tout le monde.

En junior vous étiez en compétition avec Mahiedine (ndr : Mekhissi-Benabbad). Comment avez-vous suivi sa progression et ses courses olympiques et mondiales ?
C’est un redoutable compétiteur. J’étais devant lui au championnat de France de cross junior, à Saint-Quentin en Yvelines en 2004. Mais à cet âge, en pleine croissance, tout le monde peut taper tout le monde. J’ai ensuite eu la malchance de me blesser aux tendons d’Achille. J’ai dû arrêter le 3000m steeple et passer sur la route. Lui, il a su mettre le coup de collier pour s’imposer et faire sa place au niveau international. Et pourquoi pas, de mon côté,  avoir ces mêmes facultés, sur la route, dans quelques années.

Le passage en Ethiopie en 2008, ça vous a apporté quoi ?
Beaucoup. J’étais à un carrefour de ma vie d’homme et d’athlète. J’étais tenté par les sorties avec les potes, je m’investissais un peu moins à l’entrainement. Ça m’a permis de me recentrer. De découvrir autre chose. J’ai côtoyé des mecs très simples, des athlètes très forts, dans un cadre précaire. Je n’ai pas changé mon style de vie, j’ai juste pris du recul et j’ai donné leur vraie valeur à certaines choses.

Le programme de 2013 ?
Nice sur semi le 21 avril, j’aimerais bien être autour de 1h05. Puis les 20 kilomètres de Bruxelles le 26 mai. Et à moyen terme, refaire le marathon du Médoc en septembre (ndr : le 7), l’année des 50 ans de Philippe (ndr en novembre) et essayer de lui faire honneur avec une belle performance.

Le site officiel d’Antoine de Wilde : http://www.antoinedewilde.com

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