Dans les foulées d’Églantine : maîtrise d’école au semi de Rueil

Objectif : 1h53. Chrono officiel : 1h53. What else ?

Objectif : 1h53. Chrono officiel : 1h53. What else ?

Un plan d’entrainement trouve sa réalité en course. La préparation théorique est validée par le chrono du coureur. Délicat équilibre entre la science et le physique. Récit et témoignage de notre coureuse « mystère ».

Nous avons donc retrouvé Eglantine. Elle continue sa préparation pour le 7 avril, basée sur notre plan (Deux mois à vous, cliquez ici) et ce marathon de Paris qui commence à lui occuper l’esprit, en même temps qu’il lui charge les mollets au gré des sorties de plus en plus longues. Églantine était au départ d’un semi de préparation, en région parisienne ce week-end.
Seve
Qui mieux qu’elle peut incarner la mise en pratique du plan ? Objectif : 1h53. La preuve en image ci-contre. La tactique ? Partir aux alentours de 10,5 kms/h (allure marathon) sur 7 kilomètres, et progressivement accélérer pour atteindre, si le corps répond bien, une vitesse proche des 12kms sur le final. D’où les temps de passage associés aux différentes allures. Voici son récit de course :

Les bobos et les doutes
« Ces derniers temps plusieurs bobos m’ont obligé à alléger les séances.  Une forte douleur au mollet suite à une séance de fractionnés : j’ai boité 3 jours, arrêté de courir,  me suis soignée et suis allée chez mon ostéopathe.
J’ai repris les séances petit à petit en les adaptant, en faisant attention à mes sensations, surtout ne pas se faire mal, ce n’est pas le moment.

Le programme de la S3
Mardi séance d’1h13 dont un 5000 à 11km/h. je ne peux  pas tenir cette allure 14km puis accélérer sur les 7 derniers (ce qui était prévu) : ça me fout un coup au moral, je suis fatiguée.
Vendredi soir. Pas envie d’aller courir, il fait froid, il fait nuit, je suis fatiguée de ma journée de boulot. Pourtant c’est presque magique, 1h05 dont un 8X400 presque parfait, de meilleures sensations même si je sens que ce n’est pas encore ça. Il y a encore certainement beaucoup d’appréhension de ma part. Je guette la moindre alerte, je guette ma foulée, je guette mon cardio.
Dans cette prépa j’apprends : la course à pied est faite de hauts et de bas mais rien n’est figé, il faut tout relativiser, le meilleur comme le pire.
Depuis 2 jours je me dis que ce semi c’est juste une sortie longue avec des potes, une séance comme les autres dans cette prépa, je ne dois surtout pas me mettre la pression.  Mon réel objectif est dans 5 semaines, aujourd’hui c’est juste une répétition.

L’avant course, détente et sérénité

Ce matin, je me sens bien, reposée, plutôt sereine.  Je guette ma cheville, mon mollet. Ça tire un peu de temps en temps mais ça ne m’inquiète pas, j’avale quelques granules d’Arnica quand même. Mon nouvel objectif en tête (ndlr : 1h53 de 10,5 à 12 kms/h), je le sens bien.
Arrivée sur place des amis sont là, nous récupérons nos dossards, nous sommes très en avance ça permet de ne pas se stresser. C’est bête mais de voir le soleil je me dis que ça va être une belle sortie.
C’est l’heure d’aller sur la ligne. C’est très exiguë, on tient à peine à 4 côte à côte. Je prends le parti de me mettre plutôt derrière car je ne veux pas me laisser emporter par le flot des coureurs grisés par le départ. D’habitude je regarde mon cardio qui s’affole sur la ligne, pas là. Une amie est à côté de moi on papote, je suis détendue.  On entend le signal au loin, c’est parti.

La prise de rythme au départ
Ça part lentement, très lentement. Il faut se serrer, se caler sur le chemin bordé parfois de pavés, parfois de terre avec des trous, des racines. Je fais gaffe à ma cheville je reste sur le chemin, j’assure mes appuis mais je trépigne un peu, il faut slalomer entre les coureurs encore plus lents. Premier kilo en 7’. C’est lent mais je me dis que ce n’est pas plus mal. Je guette une gêne, une douleur, rien, je cours. Les bords de Seine sont magnifiques avec ce soleil, un homme boit son café sur sa péniche, le veinard ! Le chemin monte et descend légèrement tout du long, ça serpente un peu.
Nous arrivons au golf, c’est toujours étroit mais ça s’est un peu fluidifié. Je ne regarde pas mon cardio je verrai ça au 7ème pour me caler en fonction de mes sensations. Je pense être plus rapide que 10,5 mais cette allure me convient, je sens que je peux la tenir. On passe sur le pont de l’A86 et là ça monte plus sérieusement, un pont quoi ! Mais la surprise est 200m plus loin, une côte une vraie et on ne voit pas le haut car ça tourne. Je la monte en me disant qu’elle va faire mal au 2ème tour (ce semi c’est 2 boucles). Le parcours est très agréable, de belles maisons, un peu de bois. Je garde le rythme et je passe le  7ème en 38’56’’ (au lieu de 39’40). J’ai récupéré jambes et cardio, je sens que je peux accélérer un peu.

Du 7 au 14e : construire l’allure
Nous entrons de nouveau en ville. Il y a des pavés (quelle horreur !), je fais gaffe. Ma cheville va bien, je ne sens rien, je veux que ça continue. On passe au milieu des commerces, des gens qui font leur marché, ambiance relax d’un dimanche matin à Rueil. On arrive au 10ème et c’est parti pour la 2ème boucle. Je ne pense pas tout de suite à la côte qui m’attend. Je profite. Tout va bien, de belles sensations, l’allure me convient je pense être aux alentours de 11.
On approche du pont et du 14ème kilo (que je passe en 1h15’56’’ avec 2mn de marge), l’objectif est de ne pas lâcher dans la côte, je me concentre sur ma foulée. Je sais que je vais forcément ralentir mais ce n’est pas grave je me rattraperai après, ça descend et puis je suis en avance.

Le final : maîtriser, rester lucide
Ca souffle beaucoup autour de moi, ça marche… C’est vrai que la tentation est grande mais je n’aurai pas moins mal aux cuisses et puis je suis capable d’aller au bout, j’ai fait des séances où les cuisses brûlent. Je me raccroche à la descente dans laquelle je pourrai récupérer. En haut je marche 3,4 tout petits pas pour tourner (le virage est vraiment très sec et très en pente à la corde) j’ai peur de me faire mal sur un mauvais appui, prudence donc.
Je me sens toujours bien et je sais comment va être la fin du parcours, c’est rassurant même si rien n’est gagné tant que la ligne n’est pas franchie. Les 2 derniers kilos je peine un peu, la cuisse gauche me brûle, elle se contracte. Il n’y a plus de grosses montées mais des faux plats que je n’avais pas sentis sur le 1er tour. Je regarde mon cardio pour avoir le temps, dans 12 minutes c’est fini. 12 minutes c’est rien par rapport à ce que je viens de faire. Tenir bon, tenir jusqu’au bout. La grande ligne droite me semble interminable je ne visualise pas bien l’arrivée… On tourne à droite et là je la vois. Allez sprinte ma belle, lève les genoux et galope. J’avais perdu ma copine de vue sur les 2 derniers km, je regardais mes pompes, concentrée sur ma foulée, sur ma respiration. Je la vois de nouveau, je finis 3sc derrière elle.
Mon cardio indique 1h53, suis fière de moi. Mon sentiment de départ était bon ce fut une belle sortie, une belle séance, une belle répétition pour dans 5 semaines. Sans m’enflammer c’est quelques points de confiance dans mon escarcelle, je prends.  Maintenant récup’ et repos bien mérité.
 »

Les autres épisodes du Feuilleton « Dans les foulées d’Eglantine »
Episode 1 : Mise en route
Episode 2 : entrée en résistance

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2 commentaires sur “Dans les foulées d’Églantine : maîtrise d’école au semi de Rueil

  1. Pingback: Temps d’attente estimé… | Votre Marathon

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